Pure imagination
Format : 220 pages
Editeur : Auto-Edition
Dimensions (cm) : 23 x 15
Catégorie : Nouvelle
de Marie Chevalier
Des nouvelles étranges, douces, amusantes et souvent un peu "fofolles" mais c’est ce qui fait leur charme !
Noir c’est noir...
Ca y est, elle mariait son fils ! La belle Yvonne, comme on l’appelait au village, célibataire, mariait Julien. Tellement heureuse d’envisager enfin une grande fête où tout le village participerait, elle passait ses soirées à échafauder des projets. Son fils ne lui était d’aucun secours, à vingt huit ans il avait pratiquement toujours été dans les jupons de sa mère et aujourd’hui encore, il lui faisait confiance : ce serait parfait comme toujours.
Yvonne était assez douée, il est vrai, pour organiser des réceptions. D’ailleurs à la mairie, elle était présidente du comité des fêtes et s’occupait de tout, dès qu’une manifestation quelconque devait avoir lieu. Surtout, ce qu’elle animait le mieux c’était la fête de l’été où les jeunes gens se déguisaient selon un thème choisi.
Cette année, ce n’était pas vraiment un hasard, mais le thème avait été : le mariage. Tous les gamins et ados du village avaient traversé la grande place sur des tracteurs et remorques, peints en blanc pour la circonstance.
Jolies baies
La nuit tombait vite fin août mais Gisèle ne pouvait se retenir d’aller visiter son jardin. C’était un plaisir elle ne fermait jamais ses volets sans être aller voir ses arbres et ses oiseaux.
Ils avaient tous bâti leurs nids et maintenant s’égayaient dans les bosquets et dans les grands sapins. Les merles les accompagnaient. C’était amusant de constater qu’ils étaient les premiers levés et les derniers couchés. A la nuit tombée les seuls qui nous quittaient en poussant leur cri étaient les merles. Ce jardin Gisèle l’avait entretenu tout l’été avec amour, semant ça et là des graines de navets, de petits pois, d’haricots verts et surtout repiquant des salades de toute sorte : Batavia, scarole, romaine et laitue : un vrai régal.
Et là maintenant restaient les mûres et les sureaux qui produisaient des fruits de dernière saison. Elle avait depuis longtemps expérimenté la gelée de mûres et de coings mais le sureau jamais. Ces baies étaient magnifiques, un vrai bouquet noir comme des perles.
La Malheureuse
Mais pourquoi ai- je accepté ce rendez- vous, mais pourquoi ? se demandait Solange en épilant avec soin les trois poils qu’elle s’était découverts au menton...
Hier, se pesant de nouveau, elle constatait... que deux kilos supplémentaires venaient arrondir le chiffre déjà assez affolant du mois dernier. Elle surveillait son alimentation et malgré cela grossissait à vue d’ œil depuis que Paul, son mari l’avait quittée, il y avait maintenant deux ans, pour une " jeunette ". Solange allait avoir cinquante ans dans deux mois ; elle se sentait mal dans sa peau, grosse, laide, trop pâle, trop bouffie.... Trop vieille. Elle déprimait ainsi et se laissait aller.
Une de ses amies du même âge lui avait fait remarquer qu’elle allait à la catastrophe si elle ne redressait pas la barre rapidement ;
C’est vrai quoi, lui disait- elle tu pourrais très bien retrouver un homme avec qui tu aurais envie de faire un bout de chemin alors essaie de prendre soin de toi ...