SEP’a ma faute, c’est la sienne...

 

Format : 229 pages
Dimensions (cm) : 22,5 x 14 x 2
Date de parution : 22/06/2007
ISBN : 2-7481-9480-2

Editeur : Le Manuscrit
Catégorie : Biographie & Témoignage
de Laurence Pourieux

Après son premier ouvrage « Semailles Et Pagaille » paru en décembre 2006, où l’auteur nous a fait découvrir son parcours hors du commun de jeune fille de la ville devenue femme des champs puis l’annonce de sa maladie « la Sclérose en plaques », son combat perpétuel contre ce mal qui la ronge depuis plus de six ans, elle poursuit dans ce livre ses écrits intimistes, en vous livrant ses secrets et son expérience journalière contre la maladie à laquelle elle engage une lutte acharnée en se noyant dans une multitude d’activités mais surtout par l’écriture !


Mon journal de bord

Ma SEP continue sa progression et ses ravages ; faire « pipi » la nuit au lit comme un bébé, j’en pleure... je n’ai même plus le temps d’arriver sur mon siège de chambre ! Jusqu’où ira-t-elle ? jusqu’où va-t-elle me détruire ? Une fois de plus mon stylo et mon ordinateur deviennent mes confidents, les journées sont si longues seule, les hommes étant au travail, je me sens devenue un parasite...

Et voilà que je recommence à broyer du noir, ma dépression reprend le dessus comme tous les hivers ! Verrais-je un jour le bout du tunnel ? Une petite voix me dit : « Allons Laurence, remues-toi, tu n’es pas encore grabataire, clouée au lit ni sous terre, ton mari et tes enfants ont encore besoin de toi, même si tu n’es pas au TOP ! »

Demain matin je serais « debout, levée » comme d’habitude, pour eux !

Mais voilà mon film du soir qui commence, je vais poser le stylo jusqu’aux prochaines confidences...


Moments de bonheur

L’éditeur m’a prévenu qu’il serait difficile d’avoir les livres pour les fêtes de Noël, je croise les doigts, j’aimerais tant pouvoir l’offrir à mon mari et mes enfants ! Mon secret enfin révélé, je serais soulagée, ce doit être le fait d’avoir écrit ce livre dans « la clandestinité » qui me ronge et j’ai peur de leurs réactions ! Pourtant tout ce que j’ai écrit je l’ai vécu, pendant plus de vingt-cinq ans, les moments qui m’ont la plus touchée, la plus émue, je me suis sentie libérée de mon histoire à laquelle personne ne croyait : une fille de la ville devenir paysanne en 1979, j’étais complètement « tordue » !

Et bien non je suis toujours avec mon paysan de mari et j’ai engendré deux paysans de plus !

Ce livre édité, suivi j’espère de celui-ci, va en étonné plus d’un, la paysanne est devenue écrivain, décidément elle vous aura tout fait hors normes celle-là !


Fin d’année 2006

Ce soir le lit m’a tendu ses grands bras dès vingt heures ! M’allonger pour reposer mes jambes et mon dos qui me fait si mal depuis quelques temps... Ecrire ces quelques lignes pour ne pas oublier, demain je n’aurais sans doute pas écrit les mêmes mots... Après une bonne nuit, reprendre doucement le train-train d’avant les vacances, tout a été si vite, je suis mieux fatiguée, plus lasse qu’avant ma semaine de repos tant attendue !

C’est quand même ironique le temps qui passe... Bien me reposer avant le trente et un décembre où nous devons réveillonner chez nos « anglais » et le premier janvier nous devons aller chez le copain de Sandrine, Sébastien, afin de rencontrer sa famille que nous ne connaissons pas encore malgré qu’ils se fréquentent depuis plus de trois ans maintenant...

Allez ma main ne veut plus écrire, à bientôt donc pour d’autres nouvelles !

Froid, gelées blanches, grisaille, brouillard valsent en cette fin d’année 2006...


Pensées, mots, maux 2007...

Pendant que j’écris Alain est au téléphone avec nos amis de Dinan ; nous les avions connus il y a vingt-deux ans lors de quelques jours de vacances passés à Grasse en VVF, à l’époque nous étions en Haute-Loire sur notre petite ferme... et pour rentrer chez eux ils s’étaient arrêtés chez nous, cela leur avait permis de couper le trajet trop long... Depuis ce temps nous sommes restés en contact ; l’an dernier Annie m’a téléphoné affolée, Pascal était tombé du toit de sa stabulation ! ils l’ont retrouvé couché à côté du tracteur le corps en hypothermie !

Après quelques jours de coma, plusieurs mois d’hospitalisations, de la rééducation, le voilà de retour sur sa ferme un peu moins apte, mais vivant c’est le principal ! Ces agriculteurs, ils veulent tout faire par eux-mêmes, tous les travaux d’entretien même les toitures ! Combien de fois ai-je tremblé pour mon homme... ! L’âge et ses inconvénients vont bien les ralentir, ils n’ont plus la souplesse de leurs vingt ans !


Le retour à la vie normale

Voilà déjà une semaine de passée depuis le décès de maman ! Demain matin sera dur pour moi, j’attendrais comme chaque samedi son appel, qui ne viendra pas... Dimanche c’est la fête des grands-mères, nous n’en avons plus ! Je ne lui enverrais plus le bouquet ou la plante choisis sur le net comme chaque année ! Ces jours-ci je reçois la publicité de la boutique où je commandais régulièrement, je n’y réponds pas... triste !

Demain ouverture du salon de l’agriculture, un événement incontournable chaque année en mars pour notre profession ! tout le monde s’affaire à préparer ses bêtes, à présenter son stand... Les petits parisiens vont connaître un moment d’évasion campagnard !


Epilogue

La SEP où le « Sourire Est Permis » de temps en temps...

Je souhaite qu’elle m’oublie un peu et me laisse vivre ! Je perds doucement un peu de moi ; les sorties sont moins fréquentes, il n’y a plus de veillées tardives, ce sont des deuils quotidiens, des renoncements successifs sur la vie... Je perds mes forces, mon avenir perd de sa visibilité mais je vis le présent avec plus de courage ! Mon existence est limitée mais je vis des rencontres, des expériences, des sensations que seuls les mots peuvent décrirent ;

L’écriture est ma thérapie !