Salut à vous, je vous invite
À partager ma vie d’autiste.
Je suis un gnou venu d’Islande,
Langue pendue pour vous surprendre.
Mes toundras émaillent vos savanes
Entre un maquis et puis un phare.
La rotation des sphères impose
Une direction à mes psychoses.
Salut à vous, la route est courte
Et déblaie les longueurs de temps.
Finalement, je vois en double
La voie lactée dans vos jusants.
La mémoire a sans doute buté
Aux confins de vos dissonances.
Laissez-vous parcourir de sens.
La bombe n’explosera jamais.
Le tic-tac à retardement
Vous fait songer : il faut partir.
Je m’en vais de ce pas me mettre,
Je m’en vais vous apprendre les signes,
Des signes qui brament à la mort
Au crépuscule des libellules.
La vie se fait jour en eaux-fortes
Dont les prémices nous culbutent.
Venez, je viens à votre rencontre.
Je suis d’un désert où le nombre
Des cailloux se joint à la noce
Du vertige et de la parole.
L’hémisphère nord rappelle au gauche
Qu’sa syntaxe vaut bien celle d’un autre.
Pas de panique, j’aime la foudre
Et j’en veux pour témoin ma fougue.