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Saisons d’une passion

Littérature - Livre - Saisons d'une passion de Claude Colson

Editeur : Chloé Des Lys
Catégorie : Biographie & Témoignage
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Format : 186 pages
Dimensions (cm) : 23 x 18 x 2
Date de parution : 01/11/2002
ISBN : 978-2-87459-368-0

Interview par "La rue des livres"


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    Professeur de mon métier, une fascination pour la littérature a fini par me faire prendre la plume. Mes genres de prédilection : le fragment, l’aphorisme, le poème en vers libres, le texte court, (...) (En savoir plus...)


    Présentation du Livre :

    La quarantaine, il mène une vie sans histoire. Survient l’Amour fou et avec lui le goût de l’écriture, qui témoigne de ce chamboulement. Six ans d’une vue orageuse rythmée par cinq ruptures.

    Le récit rend d’abord compte de la fulgurance des débuts, comme des premiers avatars. La maturité difficile de la passion se chante, dans le bonheur et la douleur exaltés, en des fragments poétiques qui constituent le coeur de cet opuscule.

    Un journal enfin reflète la déréliction accompagant la fin de la liaison, jusqu’à ce que...

    Une expérience individuelle et pourtant universelle.

    Ce livre sera bientôt réédité chez Chloé des Lys




    Sommaire :
    Récit initial, p1
    Poèmes, p2
    Le journal final, p3

    Récit initial

    Il souffrait. Il décida d’écrire. A vrai dire, il n’osait pas vraiment. Crainte de jouer un rôle, de se livrer aussi. Ce qui le gênait n’était pas la pudeur, car il savait qu’il aimerait laisser une trace ; c’était le fait que ses connaissances puissent le reconnaître dans une vie narrée qui ne les regardait pas. Il avait remarqué en lui écrivant que cela lui faisait du bien et l’aidait à analyser ce qu’il vivait.

    Ce jour là il prit la plume, la lutte sourde qui opposait depuis des mois l’envie à la crainte prenant fin avec la victoire de la première. Depuis qu’elle l’avait quitté, il savait que ce n’était qu’à ce prix qu’il surmonterait peut-être le chagrin tenace qui le minait. A peine avait-il noirci une page qu’il était un peu soulagé, comme si sa vie qui depuis quelques mois lui paraissait tourner à vide venait enfin de trouver un but. Il se leurrait sans doute. Ne voulait-il pas simplement revivre le bonheur vécu, le prolonger obstinément au mépris de la réalité, se réfugier une fois encore dans la complicité du rêve, lui qui n’avait jamais véritablement affronté le réel. Ne trouvant pas le monde conforme à ses désirs, le jugeant laid en quelque sorte, il avait refusé de grandir. Mais à mi-vie, celui-ci « plus fort » l’avait rejoint. Il le laissait aujourd’hui face à lui même et Bruno avait à certains moments l’impression de n’être plus que souffrance. Cette souffrance qu’il tentait à présent de conjurer en la confiant au papier. Florence l’avait quitté après sept mois tumultueux qu’ils avaient dû vivre furtivement, car il n’était pas libre. Ils avaient connu une passion fulgurante, chaotique, rythmée par les orages de l’amour fou qui éclataient sporadiquement, car tous deux « quoique très différents » avaient en commun l’irritabilité des grands fauves. Leurs déchirements étaient empreints d’une beauté farouche mais laissèrent des traces qui finirent par venir à bout de la passion de Florence. Il le comprit trop tard, sut assez vite qu’il était quasiment vain d’espérer la reconquérir. IL faillit en perdre la raison, se confina dans la douleur, de celles auxquelles on s’agrippe comme à une raison de vivre. Un jour enfin il se plongea dans l’écriture, une manière de catharsis.

    Il l’avait rencontrée au restaurant, ne l’avait pas recherchée, sauf peut-être sous l’emprise d’une nécessité inconsciente ; leur rencontre était due à l’un de ces hasards qui font se croiser les natures et les destins les plus dissemblables. Plusieurs fois ils s’y côtoyèrent. D’abord il ne prit garde à elle, car, marié depuis plus de quinze ans et père de deux enfants, il vivait les vicissitudes d’une union qui subissait le lot trop commun sans que l’un ou l’autre en soit plus particulièrement responsable. L’amour avait cédé à l’usure, et comme il approchait de la quarantaine, il venait - une première depuis leur mariage - de s’éprendre d’une femme de leurs relations.

    Jamais il n’avait été coureur et il en éprouva les premiers temps un sentiment de culpabilité qui céda vite à la passion. Il ne la déclara pas d’emblée, s’abandonna à quelques enfantillages qui n’aboutirent pas. Il était en la matière plutôt malhabile. Quelques mois plus tard il avoua cette flamme à sa destinataire, mais entre temps il avait rencontré Florence et elle n’était plus d’actualité. Il était cependant encore en proie à ces amours platoniques contre son gré lorsqu’il commença à côtoyer Florence. Ils déjeunaient aux mêmes heures et il eut l’impression que la jeune et fort jolie femme recherchait sa présence. Ils prirent alors le café ensemble et entreprirent de se découvrir. Bruno avait même l’impression qu’elle cherchait à le séduire et en était flatté. Quelque chose de non important encore se passait dans sa vie et tranchait sur la routine des jours sans joie. Au bout de trois mois, quand par jeu, comme il regardait une jolie voisine de table, Florence lui demanda de ne pas lui faire d’infidélités, il la prit pour confidente, lui avoua son amour pour B. ainsi que l’état, banal somme toute, de sa vie conjugale après toutes ces années. Il avait pourtant décidé de renoncer à B. qui après six mois ne lui avait toujours pas donné le moindre signe d’espoir. Florence sentit cependant que ce renoncement intellectuel ne signifiait pas la mort des sentiments. Elle eut peur aussi de cette limitation dans le temps qu’il avait su fixer. De cet attachement elle conçu- lui sembla-t-il - une jalousie à demi avouée qui à nouveau le flattait, de sorte que, les circonstances aidant, au bout d’un mois Florence avait supplanté sa rivale d’autant plus dangereuse qu’elle était une fiction. Sa voix en particulier l’avait fait, le faisait rêver, et Florence enrageait de ne savoir ce que cette voix avait ainsi d’enchanteur. Cet attrait fut ce qui subsista le plus longtemps de ces amours chastes qui trahissaient chez Bruno un immense besoin d’affection, tant à recevoir qu’à donner. Il lui, fallut près d’un mois encore pour commencer à regarder Florence différemment.

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