Je regarde au loin.
La campagne rit
En ce beau matin.
Deux chiens sont en train
De faire des folies
Dans le champ voisin.
Les maîtres à côté
Devisent gravement
De choses et d’autres.
J’en oublie mes pieds,
La notion du temps.
De qui suis-je l’hôte ?
Je pressens clairement :
Une main me guide
Et des yeux me fixent.
Et des changements
Altèrent ma vue.
La lumière est crue.
Dans ce tourbillon,
J’aperçois soudain
Des ombres sans lien.
Bientôt, elles m’inondent.
Les bords se confondent
Et l’on me maintient.
Le bois sort ses cerfs
Et le vent disserte
D’anneaux dans l’étang.
L’immensité verte
Dessine des elfes
Qui vadrouillent gaiement.
Un heurt me secoue.
Un vieil homme me dit :
Dis-moi, tu es où ?
Ça fait trois bonnes plombes
Qu’on en a fini
Avec les oronges.