Mes yeux dérivent sur la cornée.
La raideur bâillonne mon cou.
Dans un sens, la vie ne me fait
Pas de cadeaux. C’est un atout
A faire valoir en suffisance
Quand l’alibi valide l’oubli.
Au jardin, je cherche plaisance
Sans me soucier des jours conscrits.
Je goûte aux heures. Je sens l’errance
Parcheminer ma ligne de coeur.
Je goûte aux heures. Elles ont le goût
Du renouveau. Je n’ai pas peur.
Je cueille à pleines poignées le vent.
Les feuilles s’envolent. Un cycle commence
A tourner rond dans sa cadence.
Je goûte à la vie qui me rend
Equivoque, gonflé d’impatience.