La foule, joyeuse et criarde, nous envahit
Nous entraînant dans son sillage,
Insensible et indifférente à notre survie
N’entendant pas que gronde l’orage.
Elle ne sait pas que nous sommes morts
Nous poursuivant de son allégresse,
Attentionnée et aimante sans remords
Ne sachant pas que noire est la messe.
Moi je sais que parmi la foule anonyme
Même si notre corps, bien présent et vivant
Chante, danse, en un infini hymne
Nous restons seuls et désespérant.
La foule n’est rien, le monde est insignifiant
Quand l’amour s’en est allé à tout jamais
Emporté par le flot cruel et bêtifiant
De la mort où rien ne renaît.