Corbas et ses paras
Un nouvel univers s’ouvre à nouveau devant nous désormais. Nous voici lyonnais.
Lawrence et Wilson nous ont déménagés à St Genis Laval à la grande joie de leur père.
Dès juin, le Pinet a été mis en vente dans une agence immobilière pour 35 millions.
Nous ne regrettons rien, Willy et moi, et nous en avons assez de courir après le bonheur, l’argent n’apporte que déboires et utopies, et nous préférons une petite vie simple avec nos enfants puisque tout est rentré dans l’ordre.
Ne pouvant être propriétaires avec eux, peut être serons plus unis en tant que locataires et près d’eux.
Oublié aussi son dernier départ en ambulance, à St Lattier, après l’hémorragie interne de son ulcère à l’estomac ! Deux jours à vomir du sang et ne voulant pas aller à l’hôpital ! Il a fallu attendre qu’il ne tienne plus debout et qu’il parte sur un brancard pour le décider à aller se faire opérer !
Quelle tête de mule !
Aussi Willy et moi aspirons de toutes nos forces à un peu de tranquillité. . Et puis les enfants lui ont fait miroiter des coins de pêche formidables, un accompagnement familial pour rattraper " les années perdues ", et .......
L’aérodrome de Corbas et son para-club !
Même si nous avons pris tous deux de sacrés " coups de vieux ", le vrombissement d’un avion, là haut dans le ciel, nous fait toujours lever les yeux et échanger, d’un seul regard, tout un passé de connivences entre nous deux !
Nous sommes et restons toujours aussi d’éternels amoureux, liés pour le meilleur et pour le pire jusqu’ à la fin de nos jours et si la vie nous a chahuté au gré de ses humeurs, si le regard que nous portons sur le monde n’est peut être pas tout à fait conventionnel pour certains, nous nous en fichons éperdument !
Et seule la mort pourra désormais nous séparer. Et encore !
Les enfants, petits enfants et conjoints viennent nous voir et nous allons chez eux.
Lyon m’a rapproché de La Tour du Pin et j’ai envie, maintenant que nous sommes soulagés de tous ces longs et pénibles conflits familiaux de me rapprocher de ma propre famille.
Nos racines ne s’oublient jamais. Mais que sont- ils tous devenus ?
Pris dans toutes nos pérégrinations je n’avais pas tellement l’esprit et les moyens de penser à eux.
Mais voilà que Pierrot, qui nous a fait une très courte apparition au Pinet après de très longues années de silence - mieux vaut avoir la fidélité d’un animal que d’une famille - et sur ce point, Willy et moi sommes d’ accord ! - m’apprend que mes tantes et mes cousins sont tous réunis à La Tour du Pin ou aux environs.
L’année 1988 serait- elle bénie ? Et en avons nous, enfin, une bonne fois pour toutes, fini avec cette vie qui nous tiraille de toutes parts !
Saint Michel se serait- il rappelé que nous existions ! Nous, nous ne l’oublions pas !
Willy se trouve des coins de pêche, cherche et finit par trouver les coordonnées de l’ U. N. P. de Lyon. Il prend contact avec eux.
Une nouvelle vie semble germer en lui. Il est heureux ici, entouré de nous tous malgré quelques petites brouilles familiales qui ne manquent pas de surgir parfois, on ne refait pas le monde, alors, les caractères !
A défaut de ne pouvoir participer lui - même, durant ces dernières années, à la vie des paras - clubs et de tout ce qui est para, militaire ou civil - nous recevons toujours revues et documentations en ce qui touche le parachutisme - et Jo le tiens également au courant de tout, Willy s’est crée un univers à lui où je participe à plein temps !
Mais la réalité est là. Il y a un para club à quelques kilomètres seulement à vol d’oiseau et mon Willy vient d’apprendre que le saut en tandem avait vu le jour !
Quelle aubaine pour lui.
Il ne sait pas comment il va maîtriser le système, handicapé qu’il est, mais c’est mal connaître Willy !
Moi, je ne suis pas étonnée quand un weekend end, il me dit :
- Allez Claudy, viens, nous allons essayer de trouver le terrain de Corbas.
Les paras, sur le terrain, ne savent pas, en nous voyant arriver, nous prenant peut être pour des touristes, que notre coeur bat la chamade de joie et que nous avons ça dans la peau !
Willy a le virus du saut !
Un virus est contagieux !
Et il y a longtemps que Willy m’a contaminé l’esprit même si je n’ai, à mon actif, qu’un saut ascensionnel, vestige de St Etienne de St Geoirs ! Et si je ne suis qu’une " rampante " pour adopter l’expression des aviateurs au sol !
Et ainsi, par une belle après midi d’octobre, nous faisons la connaissance de Gilbert, chef de centre au para - club de Corbas et ancien T. A. P ;
Et de Gérard, ancien T. A. P. lui même, et moniteur tandem.
De son état !
Au grand bonheur de Willy.
Ces deux paras viennent d’ouvrir en grand les portes du ciel à Willy !
Comment pourrait-on les oublier ? !