Présentation du Livre :
« Mon mari a disparu,... je ne l’ai jamais revu. » Qui était-il ? Qui sommes-nous ? Qui est qui ? Comment le retrouver, comment se trouver ? Enquête et quête, jeu de cache-cache et trompe l’oeil, on se perd, on se cherche, on se trouve, ou du moins le pense-t-on, dans un monde qui oscille entre apparence et réalité, entre paraître et être.
Ainsi se pose le problème de l’identité, récurrent à chacune des nouvelles, aussi bien dans le « Passeur » et sa cargaison en fuite, le locataire de la « Maison du causse », ou le « Voisin » énigmatique, ou encore la petite fille qu’un certain « Matin noir » brisera. Tous verront leur univers s’écrouler avant de re-construire une autre vie à laquelle ils devront donner un sens. Vision en noir et en blanc d’un monde qui, par le pouvoir des mots, le rythme d’une musique intérieure, se colore d’espoir.
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Sommaire : Le passeur, p1 Mon mari a disparu..., p2 Matin noir, p3 La petite maison au bord du Causse, p4 Le voisin, p5
Le passeur
J’écris, c’est ma richesse. Je possède l’espace d’une liberté où tout est possible. Je suis moi et une autre qui s’exprime dans l’alignement des mots, dans le modelé des phrases, dans le jeu des sonorités.
J’écris, c’est mon cri, mon chant et mes pleurs. La traduction de toutes mes peurs. Ma façon de me faire et de faire le monde, pas à pas, sans faire de bruit. Mante religieuse, je démantèle. Thé à la menthe, je pense. Je crée ma vie et la donne.
J’écris pour peindre, sculpter les rêves, modeler les mots, en dehors des formes et des couleurs, dans une abstraction de matière. Du dedans se révèle l’invisible, apparaît ce qui est caché. Emerge l’indescriptible. J’écris pour penser et sentir.
Car écrire, c’est cela et autre chose. C’est tout ce qu’on ne sait dire. C’est rester quand partent les autres afin d’assurer la permanence du quotidien, être le lien, le fil d’Ariane du labyrinthe. C’est permettre de se retrouver quand on s’est perdu. Durer.
Ecrire, c’est comme un peu de terre tombée du ciel ou un peu de terre dans le ciel, afin que chacun ramasse les miettes de ses désirs. Mettre des barres aux t ou des l aux songes à son envie. S’envole, tombe et rebondisse. Ecrire, c’est attendre pour mieux trouver.
J’écris. C’est mon travail de fourmi. Mon isolement d’ermite.
J’écris comme on crie.
J’écris : c’est ma vie.
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