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Les Météores : Gary, Onassis, Citroën

Trois destins au-delà de la fiction

Littérature - Livre - Les Météores : Gary, Onassis, Citroën de Valéry Coquant

Editeur : Editions Saint Martin
Catégorie : Biographie & Témoignage
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Format : 265 pages
Dimensions (cm) : 21 x 14,5 x 2
Date de parution : 01/09/2006
ISBN : 2-9516416-9-9


Les livres de Valéry Coquant :
  • Reine d’argent
  • La Clandestine
  • Tous les possibles
  • Hôtel de France

    Dans la même rubrique :
  • Toi-Nous
  • L’immature
  • Plus haut que l’aigle
  • Sans Visage et sans nom
  • SEP’a ma faute, c’est la sienne...
  • Biographie de Valéry Coquant :

    Originaire du Nord de la France, Valéry Coquant est un auteur précoce. Il écrit depuis l’âge de 15 ans. Ces premiers textes lui valent de nombreux prix à différents concours. A 25 ans, grâce aux (...) (En savoir plus...)


    Présentation du Livre :

    Romain Gary, Aristote Onassis, André Citroën. Un écrivain, un homme d’affaires, et un industriel. Chacun représente un domaine aussi différent que possible des autres. Le premier était un maître de l’imaginaire. En jonglant avec les mots, il a construit un univers qui a bouleversé les lecteurs. Les deux autres ont un ancrage beaucoup plus fort dans la réalité. L’un a mis sur pied la flotte de pétroliers la plus importante du monde, tandis que le dernier, s’est employé à révolutionner l’automobile, avec ses usines ultra modernes. Dans ces deux cas, la poésie semble absente, noyée sous une montagne de chiffres, de bilans. Même leur réputation paraît très dissemblable. De Gary, le grand public se souvient qu’il est le seul a avoir obtenu deux fois le prix Goncourt, la plus prestigieuse récompense attribuée en France à un auteur. Onassis a laissé le souvenir d’un milliardaire mégalo maniaque, assoiffé de pouvoir, et accessoirement, amant de Maria Callas. Quant à Citroën, il a presque une dimension de héros romantique. Esprit fulgurant, brassant les idées comme d’autres respirent, il a été trahi par ses rêves. Des esprits chagrins n’hésitent pas à ajouter qu’il aurait dû être plus prudent, plus raisonnable, et tous ses malheurs ne se seraient pas produits.

    Dès lors, rassembler ces trois profils dans un même ouvrage représente une gageure. Pourquoi se pencher sur ces trois caractères en particulier ? Il y a sans doute des destins plus intéressants, plus sympathiques. D’autant plus qu’à part leur réussite, et la possible fascination qu’ils ont pu susciter chez leurs contemporains, ils n’ont rien de commun.

    Il apparaît que ce constat ne rend pas compte de la véritable dimension de ces hommes. En allant au delà des apparences, en s’arrêtant à leur personne plus qu’à leur image, on s’aperçoit qu’ils se rejoignent sur de nombreux plans. Plus qu’une vie, ils ont eu un destin. Ce sont des conquérants qui ne se sont pas satisfaits de la place que la société voulait leur imposer. Très tôt, ils ont fait des rêves, et pendant leur existence, ils se sont efforcés de les mettre en pratique. Ils ont enchaîné les épreuves, les défis. Ils ont dépassé les limites de leur temps. Turbulents, ne craignant pas d’être incompris, ils ont avancé, soucieux de rester fidèles à leurs principes. Leur trajectoire devient alors une épopée, faite de bribes de liberté, d’ambition, avec un soupçon de folie.




    Sommaire :
    Romain Gary : les mots de la vie, p1
    Aristote Onassis : el Greco, p2
    André Citroën : l’usine à rêves, p3

    Romain Gary : les mots de la vie

    L’avion vole haut dans le ciel. Ses quatre hélices dévorent les nuages dans un bruit sourd. A cette heure, il est à mi-chemin entre les Amériques et la vieille Europe, direction Paris.

    Les passagers discutent, lisent. Ils rient ou réfléchissent. Quelquefois, ils se retournent vers cet homme pensif, près du hublot. Il est grand, distingué, même si son costume semble un peu fatigué après une vingtaine d’heures de voyage. Une fine moustache à la Clark Gable se détache sur son bronzage. Quel âge peut-il avoir ? Une quarantaine d’années tout au plus. Ses tempes commencent à grisonner. Cela ajoute à son charme... Comment dire ? Il y a quelque chose de slave, d’orientale presque, dans son profil. Aurait-il du sang cosaque dans les veines ? Une jeune femme blonde très élégante, assise quelques rangs derrière lui, ne peut s’empêcher de se poser la question. Elle néglige le magazine qu’elle lisait. Par curiosité, elle voudrait en savoir un peu plus. En montant dans l’appareil, elle a remarqué que certains ont témoigné de la déférence à son égard. Ils ont tenté d’échanger quelques mots avec lui. Très courtois, l’inconnu a fait entendre une voix grave. En américain d’abord, puis en français. Il a remercié ces interlocuteurs de hasard. Ces derniers ont paru très satisfaits d’avoir croisé ce grand personnage.

    Décembre 1956. Romain Gary, diplomate français en poste à La Paz, capitale de la Bolivie, rentre précipitamment en France. Depuis peu, il a appris qu’il venait de recevoir le prix Goncourt pour son roman Les racines du ciel. Ce sont d’abord les autorités de La Paz qui ont annoncé la nouvelle. Elles croyaient que Gary était lauréat du prix Nobel. Les quelques explications qu’il leur a données n’ont pas réussi à entamer leur enthousiasme. Les journaux ont pris la relève. Qu’importe ! L’écrivain est trop content. Cette joie, cette spontanéité... Mon Dieu, que cela fait du bien ! Ensuite, il y a eu les télégrammes de Gallimard, l’éditeur, puis de deux ou trois amis chers. Ils lui ont expliqué que le prix lui a été décerné à l’unanimité moins deux voix, dès le premier tour. C’est rare, pour ne pas dire exceptionnel. Ont suivi les félicitations, les formules consacrées du triomphe.

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