Extraits :
Ils avaient parcouru la moitié du chemin qui les séparait du mégalithe, lorsque Aapuk fit arrêter le traîneau de tête. Il désignait un point sur la surface uniforme de la neige.
Regardez ! s’écria-t-il, il y a quelque chose qui bouge.
A l’endroit qu’il venait d’indiquer, la neige semblait s’agiter comme si un souffle de vent la soulevait.
Pourtant il n’y a pas la moindre brise ! murmura Grégory.
Peu à peu, un tourbillon de flocons s’arracha du sol formant comme une trombe qui n’excédait pas une dizaine de centimètres de diamètre. Une masse se forma à hauteur de leur tête, une masse qui prenait corps ! D’où ils se trouvaient, ils pouvaient en distinguer les détails.
Au bout de quelques minutes qui parurent interminables, une main de glace apparut. Elle se tenait immobile face à eux, en sustentation dans l’air, la paume tournée dans leur direction.
Je viens de comprendre ce qui s’est passé pour Igor et Sumac, murmura Grégory. La main n’avait pas l’intention de les frapper, elle voulait leur interdire d’avancer. C’est parce qu’ils ont enfreint le tabou qu’elle les a frappés. Nous allons revenir sur nos pas, nous examinerons la situation, il n’est pas prudent de poursuivre notre route ! Nick avait raison, notre projet est insensé.
Si la main est le produit de mon subconscient comme le pense Bridget, intervint Fernando, je vais aller au devant d’elle, si elle me frappe c’est que vous vous êtes trompés, vous pourrez continuer sans moi. Mon inconscient ne va pas m’abattre, cela équivaudrait à un suicide !
Ne fais pas ça ! intervint Catherine en s’accrochant au bras de Fernando.
Je n’ai pas le choix, répondit-il en se dégageant.
Il sortit le piolet de sa ceinture et le tint dans sa main gauche, prêt à toute éventualité. Il progressait lentement, l’autre main tendue en avant, vers la main de glace, toujours immobile. Parvenu à moins d’un mètre, il s’arrêta et, lentement, tous ses sens aux aguets, avança la main vers sa réplique de glace.
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