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La Mémoire du Passé

Littérature - Livre - La Mémoire du Passé de Marie-Claude Marty

Editeur : Editions Publibook
Catégorie : Contemporain
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Format : 324 pages
Dimensions (cm) : 22,5 x 13,5 x 2,8
Date de parution : 03/04/2007
ISBN : 9782748335392


Les livres de Marie-Claude Marty :
  • D’ici et d’ailleurs
  • Histoires de Vie - Tome II
  • Histoires de Vie - Tome I
  • Le Temps n’efface Rien - Toujours et Jamais Tome III
  • Ne pas Mourir pour Rien - Toujours et Jamais Tome II

    Dans la même rubrique :
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  • L’homme debout
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  • Biographie de Marie-Claude Marty :

    Même si j’ai toujours plus ou moins écrit et composé des poèmes, tout ceci est resté au fond des classeurs, jusqu’au jour où, pour raisons personnelles, j’ai écrit mon autobiographie... Ce fut (...) (En savoir plus...)


    Présentation du Livre :

    Karim aime sa famille. Bénédicte aime Karim. Nathaniel aime Bénédicte. Mais le destin en a décidé autrement : les fils s’emmêlent, la vie s’emmêle, les religions diffèrent, un engagement dans l’armée, des coeurs brisés, puis la mort inattendue et enfin une naissance difficile. On se reconstruit, on cache ses souffrances, on s’aime, peut-être par peur d’être seuls. Mais le bébé grandit. Et veut connaître ses origines. Et les blessures devront à nouveau s’ouvrir et les cris se feront à nouveau entendre. Mais peut-être que de ces larmes naîtra l’espoir, enfin ?

    Plus qu’un roman de société, plus qu’un roman de famille, ce que nous offrent Marie-Claude Marty et Maryse Froncoux, c’est une oeuvre complexe, écrite à quatre mains, pensée à deux coeurs. Un livre double donc, une ode à la tolérance, un hymne à la famille, deux visages d’un même Amour, pour les uns et pour les siens. Entre Lyon et Israël, l’histoire d’une quête, qu’il s’agisse d’une quête de sentiments, de racines, de but dans la vie, ou d’un futur à toucher du doigt...




    Extraits :

    Karim sauta de sa mobylette et l’appuya contre le mur de l’immeuble rempli de graffitis, puis, se frayant un passage entre les gosses du quartier agglutinés sur les marches de son entrée, il pénétra à l’intérieur.

    Il était presque midi et il avait traîné toute la matinée dans le quartier déserté de ses habitants, en cette période estivale, car la plupart étaient partis au Bled durant les grandes vacances scolaires. Il avait fait pétarader son deux-roues, ignorant les mémères du coin, comme il aimait les appeler et qui tenaient à bout de laisse, plaqué contre elles, leur petit chéri à quatre pattes. Elles pestaient et l’injuriaient de tous les mots possibles et imaginables, allant jusqu’à le traiter de sale petit bicot. Mais Karim avait l’habitude et se moquait bien de ce qu’elles pouvaient dire, surtout au vu du nombre d’années passées dans ce quartier qui l’avait vu grandir et où il y avait terminé toute sa scolarité, avec ses frères et soeurs, maintenant majeurs et mariés dont certains installés avec leur famille, là-même, à quelques allées de son immeuble.

    Mohamed et Fatima, tout comme les Français musulmans d’Algérie, avaient tous fini ici leur enfance, après avoir suivi leurs parents, quand la chance leur avait été donnée de sortir de ce camp de réfugiés où ils étaient plus ou moins parqués sans aucun confort.

    L’entrée de son bâtiment, tout comme ceux adjacents au sien, était sale, sombre, et sentait le renfermé, le tabac froid et l’urine. En face de la porte d’accès, un escalier dont les marches en pierre, usées par le temps et le piétinement continu de millier de passages aux étages, menait tant bien que mal jusqu’au sommet de l’immeuble qui en comportait quatre. Bien sûr, il n’y avait pas d’ascenseur et la rambarde, ainsi que le côté mural, se recouvraient d’une pellicule noire de crasse laissée par un nombre incalculable de frottements de mains.

    Karim grimpa deux par deux les marches, s’arrêta une seconde sur le palier du 2ième étage. Tout en plaquant son oreille à une porte, il ricana en écoutant l’écho d’une discussion qui semblait assez violente, puis il continua sa montée jusqu’au dernier étage sous les toits. Là, il s’arrêta devant une porte dont la peinture marron s’écaillait, et, sortant un trousseau de sa poche, il introduisit une clé dans la serrure et entra dans l’appartement.

    Karim se dirigea vers la minuscule kitchenette attenante à la salle de séjour, lu la page déchirée d’un carnet où Fatima, sa mère, avait griffonné quelques mots avant de partir faire quelques heures de ménage afin d’arrondir un peu le maigre salaire du père qui s’échinait dans une usine métallurgique depuis des années afin de faire vivre sa famille.

    « Mon fils, il y a de la salade, des poivrons grillés... Laisse-en pour ton père quand il rentrera à 14 heures, sinon, il va gueuler !... et du fromage. »

    Karim ouvrit le frigo sans grande conviction. Négligeant ce que sa mère avait préparé, il saisit une canette de coca, alla dénicher dans le haut d’un placard un paquet de chips qu’il ouvrit avant de brancher la télévision et de s’affaler dans un fauteuil, les pieds sur la table basse du salon.

    Il tomba justement sur le journal télévisé et se mit à manger tout en écoutant d’une oreille discrète le reportage d’un speaker dont il ne retint pas le nom, d’ailleurs il s’en fichait, jusqu’au moment où il lui sembla entendre le mot harkis... Il se pencha en avant pour saisir la télécommande et en augmenter le son. Le fait divers, de par lui-même, ne l’intéressait pas outre mesure...

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