Présentation du Livre :
La rencontre de Pierre et Marie-Agnès s’apparente à un conte de fées. Les deux étudiants amoureux décident de vivre ensemble - avec toutes les péripéties que cela comporte -, ce qui les contraint à être hébergés dans la famille bourgeoise de Marie-Agnès. Chacun ayant trouvé un emploi, ils partent en quête d’une maison et le hasard leur fait découvrir un couvent en ruines. C’est un coup de foudre pour Marie-Agnès qui entreprend alors de le faire rénover. C’est à ce moment-là que des hallucinations font leur apparition. Lors des travaux, la découverte d’un tombeau mérovingien datant du quatrième siècle ouvre une porte sur l’irrationnel. Pierre reste cependant incrédule, mais peu à peu le rêve devient cauchemar : des phénomènes inexpliqués oscillant constamment entre fantastique et quotidien font leur entrée, mettant ainsi à rude épreuve l’amour des deux jeunes gens. Une frontière ténue avec laquelle Thierry Ferrand joue habilement pour mieux nous déstabiliser...
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Extraits :
La vie nous réserve parfois des surprises. L’histoire que je vais vous raconter est authentique, bien que paraissant irréelle. Tout commença un beau matin de juillet, il y a quelques années, pour être plus précis le 2 juillet 1996. Je faisais alors mes études d’ingénieur à Paris. Le matin, j’aimais flâner dans le vieux Paris, sentir toutes ces odeurs, en particulier celles des pains encore fumants sortant du four des boulangers, celle du bitume mouillé par les balayeuses de la ville, et ces artifices de parfum des passantes. Mon équipée se finissait principalement aux alentours de Notre Dame. Ce matin-là, le ciel était limpide, un cristal taillé dans l’azur bleu. Dès 9 h, par beau temps, les peintres sortaient leur chevalet et il n’était pas rare de voir une dizaine d’entre eux peindre Notre Dame, cette vieille dame de pierre aux charmes envoûtants. Tout à coup, mon attention fut attirée par une jolie silhouette, celle d’une jeune fille brune d’une vingtaine d’années. Comme entraîné par je ne sais quelle force, je me dirigeai vers elle, lui disant quelques mots, une phrase banale.
La journée va être belle ! beau temps pour peindre.
Oui, la journée va être belle...
Elle me regarda de ses grands yeux marron et me sourit, il me semblait l’avoir toujours connue, elle que je voyais pour la première fois... Et à ce moment-là, je me sentis troublé par cette merveilleuse apparition, comme un aveugle qui trouve la vue et voit le soleil pour la première fois. Mon coeur battait la chamade, désorienté par cette douce lumière. Ce jour-là, j’eus toutes les audaces : d’un naturel plus que timide avec les filles, j’osai pourtant l’aborder. Elle me répondit, tout en me fixant intensément, qu’elle poursuivait des études d’art contemporain. Quelques minutes passèrent, son sourire se dessina peu à peu sur son visage.
J’aime peindre, mais je ne compte pas en faire ma carrière.
Vous avez tort : votre tableau est très réussi.
La douceur de sa voix m’apaisa, il me vint tout à coup l’idée de l’inviter au restaurant. Il n’était pas dans mes habitudes de convier une inconnue, et ce ne fut pas sans mal. Je passai sûrement par tous les états, de la pâleur d’un linge blanc à la rougeur d’une tomate. J’eus l’impression de passer pour le plus grand des machos, me rendant on ne peut plus ridicule.
Si je vous invitais au restaurant, viendriez-vous ?
Sa réponse fut aussi inattendue que ma question - ma grande timidité y était pour beaucoup. Elle avait trouvé ça touchant et comique à la fois.
Oui, pourquoi pas ?
Rendez-vous fut donc pris le soir même à vingt heures, dans un petit restaurant italien près de Notre Dame, « Chez Mario ».
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