Robert : 1 m 83.
Grand comme mon ex-père. Avec des biceps d’Apollon, des yeux qui vous fouillent les filles jusqu’en leurs dessous.
Fossoyeur occasionnel, il aime à raconter ses exploits mortuaires. Alors, il faut le voir, on dirait qu’il en jouit ...
Tenez, l’an dernier, avec son père ils ont déterré le corps de la mère Matthieu pour le remettre dans un grand sac. Malgré les nombreuses années passées sous terre, le cadavre était intact. Il a fallu... dois-je le dire ? C’est courant, d’après lui.
Le père et le fils se sont mis de part et d’autre du cadavre. Ils ont pris chacun l’un des membres et ont tiré fort. « Ça résistait », disait Robert en pinçant les lèvres. J’aurais voulu, de grâce, l’arrêter ; mais ce n’était pas tout. Ils ont tiré, tiré, tant et si bien que ça a fini par craquer.
« Ah ! J’en ai eu plein moi, vingt dieux ! » conclut-il avec un regard malicieux.
Oui, vingt dieux ! Pourquoi donc le bon Dieu ne nous a pas faits de telle sorte qu’on grimpe aux cieux tels que nous sommes ? Ainsi n’aurais-je plus cette sensation de froid dans le dos chaque fois que je revois Robert.