Littérature - Livre - Recueil de l’être
Littérature - Livre - SEP’a ma faute, c’est la sienne...


J J J & C

Littérature - Livre - J J J & C de Jacques Cauda

Editeur : Le Manuscrit
Catégorie : Classique

Format : 47 pages
Dimensions (cm) : 22,5 x 14
Date de parution : 27/06/2007
ISBN : 2-7481-9358-X


Les livres de Jacques Cauda :
  • Rien peut être
  • Au centre du milieu d’auTour
  • Vers un effort visible

    Dans la même rubrique :
  • Rien peut être
  • L’eau d’épine
  • Biographie de Jacques Cauda :

    Jacques Cauda vit et travaille à Paris. Il est documentariste pour les télévisions algérienne, canadienne et française. Peintre et photographe : "Aujourd’hui que le réél est dans un rapport de (...) (En savoir plus...)


    Présentation du Livre :

    Il était une fois Juliette et Jacques...Non seulement, toutes les histoires sont des histoires d’amour, mais toutes les histoires d’amour sont l’histoire de toutes les amours et de toutes les histoires. Quel qu’en soit le genre. Roman, journal, récit, polar, traité de théologie, conte érotique, etc, J J J & C est tout cela à la fois. Jacques rencontre Juliette. Ils s’aiment. Ils s’aiment d’amour physique et métaphysique : il y a des corps, du vin, des rêves, des fleurs, des livres, de la peinture, de la musique, des lettres, des images et les questions qui vont avec. Des questions tapies dans l’ombre de l’histoire de l’humanité, des premiers temps jusqu’à nos jours. C’est-à-dire jusqu’à vous et moi...



    Extraits :

    À partir d’ici, j’écris au jour le jour. Je me suis enfin rattrapé comme dit Sterne dans Tristram Shandy. Pas de nouvelles de Juliette. Respecter le contrat. Surtout ne pas se téléphoner (les flics). Ne lui écrire qu’en poste restante. Attendre le signal. Kafka : écrire c’est bondir hors du rang des assassins.

    Temps splendide. Lecture sur la terrasse. Œillets blancs, roses, rouges. Scabieuses, la fleur de Juliette. Jaunes oenothères, achillées. Lierre et vigne. J’écoute Art Blakey, drums, roulement gratté. Concassement adéquat à ma lecture des mémoires de Saint-Simon. Stendhal : les épinards et Saint-Simon ont été mes seuls goûts durables, après toutefois de vivre à Paris avec 100 louis de rente, faisant des livres.

    Beau fixe. Je vis sur la terrasse. J’y peins mes nus à même la photographie. Des nus palimpsestes. Et pour la première fois, des fleurs, à la manière de Manet, sur des petits panneaux entoilés de 20x20, que je destine à Juliette.

    9 juillet. C’est mon anniversaire. 35 ans. En 1955, l’année de ma naissance, Nabokov voyait enfin publier sa Lolita, Lacan prononçait son homélie sur la lettre volée et Céline s’entretenait avec le professeur Y.

    J’écoute Charlie Parker. Souffle drippé à la Pollock qui me rappelle Amiens vue du ciel. Où j’ai emmené Juliette, il y a peu, pour lui montrer les lieux de mon enfance qu’elle ne connaissait pas : le beau Christ de chaux de la cathédrale. La maison de mes grands-parents où je passais mes vacances caché derrière un tas de charbon. Saint-Valery. La baie de Somme :une terre aussi vide qu’on peut l’imaginer à l’origine du monde.

    Ce matin, promenade, écrire avec les pieds, je suis allé sur les quais acheter quelques fleurs dont un réséda. Je lis que « réséda » vient de seoir, sed, être assis, d’où siège, selle, obsédé et assiette... Barbey d’Aurévilly : elle saisit avec ses lèvres effilées et incolores plusieurs tiges de fleurs (de réséda) odorantes, et elle les broya sous ses dents, avec une expression idolâtre et sauvage.

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