Extraits :
Imprégné d’éléments autobiographiques remaniés sous l’influence de la plume et écrit à la première personne, le roman de Fiorucci Andrea tire sa poétique d’une citation de Michel Butor.
« (...)il doit bien se trouver quelque part, si peu que ce soit, si faux que ce soit, si mal dit, un homme en difficulté qui voudrait se sauver, qui fait un trajet et qui s’aperçoit que le chemin qu’il a pris ne mène pas là où il croyait, comme s’il était perdu dans un désert, ou une brousse, ou une forêt se refermant en quelque sorte derrière lui sans qu’il arrive même à retrouver quel est le chemin qui l’a conduit là, car les branches et les lianes masquent les traces de son passage, les herbes se sont redressées et le vent sur le sable a effacé les marques de ses pas. » (Michel Butor La Modification)
La peur de mourir, celle qui n’a pas de raison d’être, celle avant le temps, celle d’un lointain avenir encore inexistant et pourtant si proche qui ne naît pas de l’expérience première que revêt la mort d’un proche est déclinée sous toutes ses formes et mise en parallèle à la création romancière ainsi qu’à la perte de l’affection et de l’amour qu’elle enfante. Pourquoi écrit-on ? Pourquoi meurt-on ? Pourquoi aime-t-on ou n’aime-t-on plus ? Ces questions seraient-elles de même ordre ?
C’est en se retirant dans un appartement parisien que le personnage principal tentera de répondre à ces questions tout en perdant le sens de la réalité. Perte des repères, confusion spatio-temporelle, le reclus s’engouffre dans ses pensées jusqu’à perdre de vue la vie sûre et apaisée qu’il vivait avant sa première crise. Que s’est-il passé ? Pourquoi a-t-il soudainement peur de mourir ? Et cet enfermement où va-t-il l’emmener ? Les événements s’enchaînent. Le sédentaire ferme la porte au monde extérieur et cristallise sa vie autour de cette peur. Il sait pourtant qu’il doit l’oublier, qu’il doit refaire le chemin inverse. Comment réussir ?
Est-il possible d’accepter la vie sans se perdre dans le marécage formé par les questions existentielles ? Il y aurait-il une issue pour cet homme dont la mémoire semble le trahir de plus en plus ? Est-il condamné par la pensée de la mort ? Où est-ce les événements qui l’entourent et dont il semble avoir perdu le contrôle qui lui gâchent l’existence ? Pourquoi se réveille-t-il un matin dans une prison et qui est cette femme qui le serre dans les bras ?
Le rythme du roman change, l’intrigue s’intensifie ; ce n’est plus l’histoire des pensées de l’homme qui défile sous les yeux du lecteur, c’est l’histoire confuse d’un homme sédentaire qui tente de se sauver, qui prend le relais jusqu’aux dernières pages à la fois étranges et énigmatiques. Il sait qu’il est proche de la solution, qu’elle est là, près de lui mais il lui est impossible de la déchiffrer. Serait-elle inscrite sur ces feuillets qui traînent dans sa chambre ?
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