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Coeur de Framboise à la frantonienne

Littérature - Livre - Coeur de Framboise à la frantonienne de Ygrec

Editeur : Auto-Edition
Catégorie : Divers
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Format : 156 pages
Dimensions (cm) : 23 x 15 x 1
Date de parution : 26/01/2008
ISBN : 978-1-8479954-7-6


Les livres de Ygrec :
  • Kung Fu Panda et la puissance du croire
  • Témoins de lumière
  • Kumpiy - Le livre sacré
  • Recueil de l’être

    Dans la même rubrique :
  • Malédiction
  • Les jeunes pousses d’I.L.V.
  • Biographie de Ygrec :

    Ygrec vient d’avoir 50 ans, un parcours atypique, une vie bien remplie et émaillée d’évènements graves dont on ne sort pas vainqueurs, sans les doutes, les révoltes et la bénéfique acceptation. (...) (En savoir plus...)


    Présentation du Livre :

    Framboise vole de place en place pour gagner sa vie. Au hasard des situations, elle engage une réflexion sur la vie, le travail, la société. Elle chasse ses doutes et ses peurs et profite du moment présent tout simplement. En acceptant de perdre sa relative sécurité, elle retrouve sa liberté. Framboise vit en Frantonie mais tout ce qu’elle raconte pourrait se passer dans n’importe quel pays qui se dit civilisé, qui l’est le plus souvent, mais qui l’oublie parfois. A lire par tous ceux et celles qui souffrent au travail, et par les autres, parce cela pourrait bien leur arriver.



    Sommaire :
    Coeur de Framboise "bonne poire", p1
    Coeur de Framboise en cocotte, p2
    Nappage de coeur de Framboise, p3

    Coeur de Framboise "bonne poire"

    En revanche, un collègue avait une très bonne note. Il appliquait la méthode « bulldozer ». Pour lui, les délais n’étaient qu’exceptions et il engageait les poursuites brutales immédiatement.

    Dans son innocence coutumière, Framboise avait d’abord cru que, cherchant à obtenir une bonification dans ses rémunérations, Henri en oubliait le côté humain. Elle aurait pu concevoir cela. Rien dans notre société, ne favorisait les liens amicaux et pour beaucoup, un redevable n’était, après tout, qu’un nom sur une liste.

    Framboise comprit vite que c’était plus que cela. Il y prenait goût. Il se moquait des clients et de leurs lamentations. Il semblait même, que mettre quelqu’un en difficulté lui procurait une certaine jouissance. Les pleurs et les plaintes alimentaient copieusement ses pulsions destructrices.

    Quel plaisir pouvait-on avoir à provoquer des drames ? Quel intérêt pouvait-on avoir à pousser les gens à vendre ce qu’ils possédaient et peut-être les mettre à la rue.

    Framboise avait essayé de lui parler plusieurs fois sans résultat. Il l’avait repoussée brutalement et s’était gaussé en lui affirmant, dédaigneusement, qu’ils ne travaillaient pas pour un service social. Framboise lui avait répondu que la raison d’être de la société n’était pas la démolition et que son attitude relevait de la psychiatrie. Elle y avait été un peu fort, elle devait bien le reconnaître. Ils s’étaient bien sûr quittés fâchés. Une barrière infranchissable s’était dressée entre eux.

    Tout le monde pensait la même chose que Framboise, mais personne ne disait rien. Ce silence des collègues encourageait Henri qui devenait de plus en plus virulent envers les clients. Pas une journée ne passait sans cris, disputes, pleurs ou menaces dès qu’il se rendait à l’accueil. Mais Henri se sentait fort, encouragé par la direction qui rendait les statistiques. Il dominait les autres de sa haute taille et les toisait avec un regard arrogant. Il traversait le bureau, sûr de lui, prêt à écraser les moucherons qui tomberaient sous sa patte, et ceci en toute légitimité.

    Henri avait le pouvoir...le pouvoir de détruire. Chaque facture impayée passant entre ses mains devenait une arme. Si le client pouvait payer, il devenait même inintéressant. Celui qui avait des difficultés avait son importance. Henri décidait de son sort. Il le serrait à la gorge. Il avait la possibilité de l’étouffer, le laisser survivre, ou le propulser dans la rue sans armes ni bagages.

    Ce pouvoir rendait son action pernicieuse, mais personne ne voulait le voir, personne n’avait rien vu. A une autre échelle, c’était ainsi que l’on donnait naissance aux dictateurs.

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