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Bella Regarda

Littérature - Livre - Bella Regarda de Christiane Desroche

Editeur : Au Temps de Lire
Catégorie : Aventure
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Format : 122 pages
Dimensions (cm) : 21 x 14,5 x 1
Date de parution : Juillet 2007
ISBN : 978-2-9526-7934-0


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    Christiane Desroche a toujours aimé l’écriture mais n’a pu s’y consacrer qu’une fois la retraite venue. Elle peut enfin satisfaire cette passion sans être gênée par une vie (...) (En savoir plus...)


    Présentation du Livre :

    Une femme passionnée, douce et gentille se trouve confrontée à un époux sans scrupules. Si vous aimez voyager, découvrez avec elle, la Sicile, la Chine, la Thaïlande, tous ces pays où vont la conduire ses aventures. Trouvera-t-elle enfin le bonheur, après avoir traversé la tourmente ?

    Si vous voulez le savoir, decouvrez ce roman et laissez vous emporter par son tourbillon, vif et agréable.




    Sommaire :
    La solitude oubliée, p1
    Souvenirs de Cefalou, p2

    La solitude oubliée

    Je suis née le 13 juin 1950 à LYON, d’un père français et d’une mère italienne. Louis Lancelin, mon grand-père avait refusé cette alliance et avait renié son fils. Pour l’amour de Fabiola PIZZANI, mon père avait tout quitté. J’avais grandi seule, ne connaissant que la seule affection de mes parents que j’avais hélas perdus, dans un accident de voiture en 1970.

    Je ne connaissais pratiquement personne et je me consacrais à mon emploi de secrétaire à la préfecture de Lyon. Personne n’assista aux obsèques et je me retrouvais seule, bien trop jeune. Deux ans plus tard, je rencontrais Ning-Yong, un jeune eurasien de mon âge et nos cœurs s’enflammèrent. Ce fut un coup de foudre réciproque et un bonheur immense que je n’avais jamais connu auparavant. Mais le 1°septembre 1972, presque huit mois après notre rencontre, ce fut le drame et la fin tragique d’une passion dévorante. Ce jour là, il pleuvait lorsque Huu-Thung, le plus proche cousin de mon amant, se présenta à mon domicile, porteur d’une très mauvaise nouvelle. Je n’avais vu que deux fois ce messager qui m’apprit le décès accidentel de celui que j’aimais, quelques jours plus tôt. Conformément aux coutumes traditionnelles chinoises, Ning-Yong avait été incinéré.

    C’était fini, les larmes me submergèrent. J’étais persuadée de ne jamais pouvoir l’oublier, persuadée de ne jamais plus pouvoir aimer. Ma seule amie, Marina, tenta de me consoler, mais en vain. De nouveau ce fut la solitude, une solitude qui me submergea devant une vie que je croyais terminée. Pourtant hier, le 13 juin 1990, pour mon quarantième anniversaire, j’avais épousé Jérôme Darmois. Nous venions d’arriver à Palerme pour passer notre lune de miel. Cette fois, je croyais avoir enfin trouver le bonheur, avec une passion calme que je croyais sans surprise, naïve Isabelle.

    Fatiguée, par le voyage, j’avais prié ce matin mon époux de me laisser seule, prendre un peu de repos et de partir se promener sans moi. Notre nuit de noce s’était bien passée, sans crainte de ma part et beaucoup d’empressement de la sienne. Nous nous étions aimés passionnément oui, mais comme d’habitude. J’étais pleinement heureuse de cette union même si avec ses cinquante ans, il avait quelques années de plus que moi et les tempes grisonnantes.

    Je n’étais plus la timide jeune femme qu’il avait rencontré quinze ans plus tôt et je croyais le connaître, ravie d’être devenue, la nouvelle, Madame Darmois. Il m’avait fait une cour assidue, à laquelle j’avais longtemps résisté, submergée par le passé.

    Aujourd’hui, je me sentais sûre de moi, heureuse et comblée. J’avais complètement oublié la solitude de ma jeunesse et je regardais mon avenir avec confiance. J’étais sereine, loin de me douter des bouleversements que ma vie allait connaître. Pour moi, c’était certain, nous allions vieillir ensemble jusqu’à ce que la mort nous sépare. Mais comme je l’ai déjà dit, bien naïve Isabelle...

    Pendant toute ces quinze années de bonheur avec mon mari, j’avais entendu des serments d’amour éternels auxquels j’avais fini par croire. Tous les jours depuis notre rencontre, Jérôme m’avait répété et répété qu’il n’avait jamais aimé une autre femme autant que moi et qu’il ne me quitterait jamais. Au premier regard que je lui avais jeté, son cœur avait vacillé et s’était enflammé. C’étaient des propos agréables à entendre et il avait l’air tellement sincère.

    Je n’avais pas éprouvé le coup de foudre qui avait enflammé ma jeunesse et j’étais restée longtemps indifférente à son charme. Mais le temps qui passait et son obstination avaient eu raison de mes réticences. Il était devenu mon amant, un soir de printemps, alors qu’il me raccompagnait chez moi après une soirée agréable au théâtre. Il avait insisté plus que d’habitude, m’assurant qu’il avait quelque chose d’important à me dire. J’avais toujours refusé ses cadeaux en le repoussant.

    Pourtant ce soir là, j’avais accepté la bague, or et émeraudes qu’il passât à mon doigt. Je commençais à apprécier sa compagnie et le souvenir de Ning-Yong s’estompait un peu, laissant de la place pour une nouvelle idylle. Jérôme était riche et séduisant mais il était marié. Il ne me l’avait jamais caché et c’était la raison de mes hésitations. Sa femme, il ne l’aimait pas. Il avait dû accepter ce mariage de convenances, décidé par leurs deux familles pour unir des intérêts communs. Tout divorce était donc impossible pour des raisons financières et il assurait la direction des entreprises familiales depuis le retrait de son beau-père.

    Riche, il l’était déjà et il avait fait de son mieux pour faire prospérer les affaires familiales. Il n’avait aucun regret et tout s’était passé comme convenu. L’amour n’était pas au rendez-vous mais Ludivine recevait à merveille. Rien ne lui manquait, pas même un fils. Il était satisfait de sa vie mais voilà, un jour il m’avait rencontré et depuis il ne pensait plus qu’à moi.

    Des aventures, il en avait connues des dizaines. Pour lui séduire une femme n’était qu’une question d’argent. Toutes ses conquêtes avaient un prix qu’il lui suffisait de trouver. Aucune ne l’avait jamais fait attendre, aucune ne lui avait jamais dit non. Aucune, sauf moi, les autres femmes n’étaient pour lui qu’une distraction. Mais moi, il m’aimait vraiment. Et j’avais fini par le croire, il avait de si beaux yeux et un regard si tendre, alors comment résister à un amour pareil.

    Pourtant, ses avances je les avais repoussées, malgré le carnet de chèques qu’il avait sorti plusieurs fois, augmentant la somme offerte à chaque refus. Je le trouvais amusant mais je ne voulais pas d’une aventure sans suite et je ne lui avais pas communiqué mon adresse. IL ne s’était pas avoué vaincu et il m’avait suivi discrètement jusqu’à mon domicile. Le lendemain matin, j’avais reçu un bouquet de roses rouges avec ces mots : - à la ravissante et cruelle beauté qui me fascine et que je passerai prendre à huit heures pour aller dîner.

    Lorsqu’il s’était présenté chez moi, je l’avais repoussé gentiment mais fermement. Cela ne le découragea pas et pendant trois mois, tous les matins, je reçus des roses rouges agrémentées d’un bracelet or et diamants que je lui rendais tous les soirs lorsqu’il sonnait à ma porte.

    Et puis, un jour que je me sentais plus seule que d’habitude, je mis le bracelet à mon poignet et je l’invitai à entrer. Nous sommes allés au restaurant et nous nous sommes revus quotidiennement. Je m’étais habituée à sa compagnie. Je ne souffrais plus de la solitude et je m’étais attachée à ce chevalier servant, riche et gentil qui exauçait tous mes vœux.

    Il me proposait tout ce qu’une femme pouvait souhaiter, appartement luxueux, voiture, bijoux, grands restaurants.... Tout était à ma disposition, je n’avais qu’une chose à faire, accepter.

    Un soir de l’hiver 1976, je me décidai. Nous connûmes une nuit de passion dont je me souviens encore. Quinze ans déjà et aujourd’hui nous étions mariés. Je ne le savais pas encore mais pour lui, j’étais comme les autres, j’avais un prix et il l’avait trouvé en me faisant croire au grand-amour.

    Quelques semaines après notre première nuit, je m’installais dans le magnifique appartement qu’il m’avait offert et où nous nous retrouvions quotidiennement pour goûter quelques heures de bonheur ensembles. J’avais gardé mon poste de secrétaire mais je découvrais une nouvelle vie qui me ravissait. J’avais oublié mon premier amour et je considérais Jérôme comme l’homme de ma vie. Je pensais que cette vie durerait éternellement même si j’étais gênée d’être la maîtresse d’un homme marié.

    Il y a environ un an Ludivine décéda dans un accident de voiture. Jérôme était libre et dès que les convenances le permirent, il me conduisit devant Monsieur le Maire. C’est lui, qui avait choisi la Sicile pour notre voyage de noce et j’avais accepté, ravie de revoir une région dans laquelle j’avais séjourné quelques jours, adolescente. Pour l’instant j’étais pleinement heureuse, satisfaite que cet amour interdit soit devenu légal. La solitude, je l’avais oubliée et j’étais comblée. Je goûtais un bonheur parfait, ravie d’avoir été présentée à sa famille et à ses amis avant notre départ.

    Heureusement pour moi, le passé allait ressurgir pour me sauver du désespoir et pour m’éviter de finir comme sa première femme lorsque j’allais devenir gênante. Machinalement , je pris entre mes doigts la médaille d’amour qu’il m’avait offerte pour l’anniversaire de notre première rencontre et où, il avait fait graver ces mots : - à Isabelle, pour la vie.

    Je me mis à désirer si fort sa présence que j’entendis son pas dans l’escalier. Quelques secondes plus tard, il était près de moi, avec sa gentillesse habituelle. Comment ne pas croire sincère, un époux si parfait ?

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